Mise à mort du travail
FR3.fr | 27.09.2009 | par Jean-Robert Viallet et Christophe Nick

             
      A
l’heure où certains événements bouleversent l’opinion et nous interpellent sur la place du salarié dans l’entreprise, France Télévisions propose, le lundi 26 octobre à 20h35, une série documentaire sur l’un des thèmes majeurs de notre société, le travail. Du 26 au 30 octobre, l'équipe du film et des spécialistes vous répondent sur ce forum. Posez vos questions, faîtes part de vos observations, apportez votre témoignage, dès maintenant...

Résumé de la première partie
En France, 3 salariés sur 4 travaillent dans les services. S’il il y a une crise du travail, c’est donc de là qu’il faut l’observer. Nous nous sommes installés dans une entreprise anodine, une entreprise comme il en existe aujourd’hui des dizaines de milliers dans le monde : Carglass. Mondialisée, standardisée, Carglass est une filiale du groupe anglais Belron présent dans plus de 30 pays du monde. Ici, deux credo : une productivité maximale et un client roi totalement satisfait… Deux notions qui, aujourd’hui, dans toutes les entreprises de services du monde, imposent la mise en place d’un management de la manipulation...


Résumé de la deuxième partie.
Alors que la crise fait vaciller le capitalisme financier, La Dépossession raconte l’extraordinaire pouvoir des actionnaires sur le travail et les travailleurs. L’histoire nous transporte d’une usine Fenwick – un fabricant industriel de matériel de manutention implanté dans le centre de la France – jusqu’aux arcanes de la finance new-yorkaise. Petite entreprise française née il y a 150 ans, Fenwick est racheté en 2006 par l’un des financiers les plus redoutés des États-Unis, Henry Kravis. Un homme à la tête du fonds d’investissement KKR, dont les ventes annuelles dépassent celles de Coca-cola, Disney et Microsoft cumulées. Avec ce rachat, pour les salariés français de Fenwick, la donne va radicalement changer. Cette même histoire se déroule dans des dizaines de milliers d’entreprises à travers le monde…
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Réaction de Tommaso Fronte, dont le texte a été publié dans le forum de FR 3

                       
      L
A MISE A MORT DU TRAVAIL montre des personnes sacrifiées aux objectifs d’excellence de l'entreprise. Mais ce reportage se garde bien d'approcher les limites atteintes dans les secteurs où le personnel est détruit s’il n’adhère pas aux pratiques lucratives exercées en violant les règles de sécurité; j’en suis, quadruple condamné par la Chambre criminelle de la Cour de cassation.
             
                                                                   
   
Temps modernes . C. Chaplin
   
Par devoir professionnel j’ai rapporté des carences affectant des matériels exploités sur réacteurs nucléaires; la gravité des anomalies a été confirmée par les autorités de sûreté et donc les mesures pour assurer le silence ont été renforcées; conséquence pour moi, rapporteur de faits embarrassants auxquels j'ai refusé d'adhérer : dénigrement et harcèlement incessant partout, même à mon domicile, organisé par la direction en totale impunité. Le sort infligé à moi, le rapporteur, est calibré pour dissuader les autres de suivre mon exemple; si j'en crève, c'est parfait.

Le nucléaire est un secteur où le travail a été mis à mort par l’omerta et la censure. Enfer? Certains y font leur miel, d'autres ça ne les dérange pas plus que ça. Dans tous les cas c'est un secteur qui illustre les possibilités d'organiser des transgressions hallucinantes, malgré un arsenal de lois, de règlements, de structures de surveillance, d'autorités et de responsables à tous les niveaux, jusqu'à l'Elysée... Vraiment hallucinant.

Tommaso FRONTE.
             
                                   
      J
e réponds à ceux qui [dans le forum de FR3] s'inquiètent de ma solitude. Ce conflit du travail est loin d'être solitaire car il m'oppose à des adversaires nombreux sur des points précis et documentés; par ailleurs, il concerne des personnes d'horizons divers et voici par exemple quelques aspects factuels qui devraient vous interpeller.

Quatre arrêts ont été prononcés par la Chambre criminelle de Cour de cassation contre une seule et unique personne, moi; la presse n'a pas consacré une seule ligne à ces épisodes qui probablement constituent un record: quatre arrêts de Chambre criminelle de la Cour suprême, tous contre une seule personne, tous concernant la sûreté de réacteurs nucléaires en exploitation ... et rien dans la presse! Dans quelle société sommes-nous donc? Notre société n'a pas l'air oppressive, à en juger des documentaires fouillés et de la participation aux débats où chacun est libre de s'exprimer . Sauf que derrière cette liturgie à la gloire de la liberté d'expression, il y a des épisodes qui ne sont pas secrets, qui sont même du domaine public, mais dont il ne faut parler; et puisque nous ne sommes pas des brutes, l'objectif du silence est assuré par une violence qui n'a rien de physique, sauf suicide, et qui passe donc inaperçue, devient culture et presque une seconde nature.

Vous ne savez rien des quatre arrêts en question; c'est le résultat du comportement non seulement de mon employeur, entreprise publique, mais aussi des autorités de sûreté, autorités de tutelle, ministres, élus, magistrats, syndicats et associations, journalistes, intellectuels... à tous les niveaux, du simple collaborateur au président-directeur général, du simple employé au Prix Nobel ou au Président d'Académie, du maire aux présidents de République de France et de Navarre, du greffier aux Premier président de Cour suprême...

Vous voyez que je ne suis pas seul! J'ai fait réagir des responsables au point que je ne saurais les énumérer tous; mais il ne sont pas suicidaires et ils se tiennent à l'écart ; certains sacrifient aux rituels suivant leur rang et ils portent des coups, contre moi uniquement; de cela on ne parle pas, sinon... eh bien, sinon les méthodes deviennent plus matérielles, plus rugueuses , dignes d'une mafia ou d'une secte dangereuse ou des deux à la fois ou pire ... Moi j'ai résisté, ne serait-ce que par devoir professionnel d'ingénieur responsable de matériels classés au plus haut des exigences de sûreté nucléaire.

Tommaso Fronte
                       
                                             
 
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